Accueil Francophonie« Retour aux sources » - Rencontre littéraire avec Jean-Luc Raharimanana.


« Retour aux sources » - Rencontre littéraire avec Jean-Luc Raharimanana.

Jean-Luc Raharimanana à l’Institut Français Madagascar, ce samedi 1er mars.

6, mars 2014. par | Webmestre 0 commentaire(s).


C’est devant un public averti et passionné de littérature que Jean-Luc Raharimanana a pu parler de son œuvre et de son parcours ce samedi 1er mars.

Invité, cette semaine, au salon du livre « Confluences » de l’île Maurice, l’auteur a voulu – avant de s’y rendre - effectuer un “retour aux sources” pour, en allant voir ses proches à Mahajanga, puiser dans sa terre natale la matière pour son roman à venir. Il s’est donc arrêté à l’Institut Français pour nous éclairer sur son œuvre, souvent perçue comme hermétique par le grand public.

Samedi, c’est un public d’universitaires, de professeurs de lycées publics et privés, principalement issus de la DREN d’Analamanga, d’étudiants mais également de professeurs de Lettres du lycée français d’Antananarivo, dans leur grande majorité, non-initiés à la littérature de Jean-Luc Raharimanana, qui s’est retrouvé pour consacrer une matinée à cet auteur natif de Madagascar, francophone, lu et étudié à l’international mais, paradoxalement, assez peu connu en terre natale.

Après un échange reposant sur la démarche proposée par le site “Île en île”, qui est la base de données la plus importante consacrée aux écrivains du monde francophone insulaire, aussi bien des Antilles, d’Haïti, que des îles de l’Océan Indien, Mme Magali N. Marson, enseignante-chercheure à l’Université d’Antananarivo a orienté la rencontre vers un questionnement et des lectures basés sur un recueil de textes sélectionnés par l’auteur dans la perspective de sa venue.

L’image donnée de la terre natale à travers les extraits choisis par l’auteur, le sens du message délivré, le rôle de l’écriture et de l’écrivain, l’insularité et ses possibles, le ressassement, un retour permanent à la terre d’origine sont autant de questions qui ont été abordées avec l’auteur pour la plus grande satisfaction de son public.

Né le 26 Juin 1967 à Madagascar où il a résidé jusqu’à l’âge de 27 ans, Raharimanana a obtenu, en 1989, une bourse d’études pour se rendre en France, où il a suivi des cours à la Sorbonne et à l’Institut des langues et civilisations orientales (INALCO). C’est là qu’il a obtenu un DEA en Littératures et civilisations dont le sujet portait sur les contes malgaches.

Professeur et journaliste pigiste, il a participé à de multiples manifestations littéraires, pédagogiques et journalistiques qui ont révélé un écrivain engagé.

Ressentant la nécessité de consacrer la majeure partie de son temps à l’écriture et à la recherche, il a décidé, en 2002, de mettre l’enseignement entre parenthèses.

Son premier recueil de nouvelles, Lucarne, a été publié près de 7 ans après son arrivée en France. Mais c’est incontestablement à Madagascar que Raharimanana a construit son écriture. Il n’est alors pas faux de souligner que sa terre natale malgache apparaît comme le sujet, le personnage principal, l’inspiratrice de la plupart de ses textes.

Pour découvrir l’auteur :

Eléments bibliographiques
Ouvrages :

  • Obscena, Paris, Vents d’ailleurs, 2013.
  • Des ruines, Paris, Vents d’ailleurs, 2013.
  • Il n’y a plus de pays, Paris, Vents d’ailleurs, 2013.
  • Enlacements, Paris, Vents d’ailleurs en co-édition avec le Théâtre Athénor Saint-Nazaire/Nantes, 2012.
  • Portraits d’insurgés, Madagascar 1947 (Avec les photos de Pierrot Men), Paris, Vents d’ailleurs, 2011.
  • Les Cauchemars du Gecko, Paris, Vents d’ailleurs, 2010 - Prix poésie au Salon du livre Insulaire d’Ouessant, 2011.
  • Za, Paris, Editions Philippe Rey, 2008.
  • Madagascar, 1947 (Illustrations du Fonds Charles Ravoajanahary), La Roque d’Anthéron, Vents d’Ailleurs, 2007.
  • Dernières nouvelles du colonialisme, La Roque d’Anthéron, Vents d’Ailleurs, 2006.
  • L’Arbre anthropophage, Paris, Gallimard/Joëlle Losfeld, 2004.
  • Dernières nouvelles de la Françafrique (dirigé avec Soeuf Elbadawi), La Roque d’Anthéron, Vents d’Ailleurs, 2003.
  • Le Bateau ivre : Histoires en Terre Malgache (avec des photographies de Pascal Grimaud), Marseille, Images en Manoeuvres, 2003.
  • Nour, 1947, Paris, Le Serpent à Plumes, 2001.
  • Rêves sous le linceul, Paris, Le Serpent à plumes, 1998.
  • Lucarne, Paris, Le Serpent à plumes, 1996.

Théâtre / Créations :

  • Le prophète et le président, théâtre. Mise en scène de Christiane Ramanantsoa (Madagascar, 1989) et de Vincent Mambatchaka (Bénin, Togo, Sénégal, Côte d’Ivoire, Centrafrique, France). Mise en onde sur R.F.I. (1993). Mise en espace par le Théâtre International de Langue Française (TILF) (Avignon, 1995). Mise en scène de l’auteur au théâtre des Déchargeurs, Paris (mai-juin 2005).
  • Le puits, théâtre. En production avec la M.G.I. (Maison du Geste et de l’Image), le TILF et le Théâtre de la Villette, (Paris, Tours, Limoges, 1997). Publié chez Actes Sud Papier, 1997.
  • Lépreux, nouvelle. Mise en onde sur R.F.I. (1990).
  • Le tambour de Zanahary, conte musical. Awa Production, en collaboration avec le musicien Tao Ravao (France 2000-2001).
  • Instants malgaches, joué en 2001 au Théâtre Gérard Philippe en région parisienne et au festival Métissons à Marseille. Avec la participation de Jean-Luc Raharimanana et le musicien malagache Solo Razaf. Réalisation : Twamay Association.
  • Milaloza, conte pour onze conteurs et musiciens. Mise en scène de Bernadette Baratier et Laure-Marie Legay (Burkina Faso, Mali, France, Niger), 2004.
  • Lemahery et le caméléon, conte musical, en collaboration avec les musiciens Fabrice (Faffa) Andriamilantonirinason et Jean Ramanambita (du groupe Senge), 2006.

Filmographie :

  • Gouttes d’encre sur l’île rouge, portrait de l’écrivain Raharimanana : Documentaire de Randianina Ravoajanahary et Vincent Wable, 40’, 2004.

Prix et distinctions littéraires :

  • 1987 Prix Jean-Joseph Rabearivelo de poésie.
  • 1989 Prix Tardivat International de la meilleure nouvelle de langue française (RFI, ACCT, Le Monde).
  • 1990 Prix Tchicaya U’Tamsi du théâtre interafricain, 1990, théâtre.
  • 1998 Grand Prix Littéraire de Madagascar (ADELF), pour Rêves sous le linceul.

Sitographie :