Accueil FrancophonieVoyage à La Réunion, les lycéens lauréats de la première édition de la (...)


Voyage à La Réunion, les lycéens lauréats de la première édition de la Compétition Nationale de Français se souviennent et racontent…

Les 12 lycéens lauréats de la première édition de la Compétition Nationale de Français ont gagné un séjour de 11 jours à La Réunion accompagnés de leurs professeurs de français. Quelques semaines après la rentrée scolaire, ils se souviennent de leur voyage et nous font partager leurs meilleurs souvenirs.

25, octobre 2014. par | Webmestre 0 commentaire(s).


Le jour de leur départ, le 29 juillet, prêts à s’envoler pour l’Ile Intense, nous étions sur un petit nuage. Après ce baptême de l’air inoubliable grâce à AIR AUSTRAL, compagnie partenaire du projet, nous sommes accueillis puis hébergés au Centre d’Education Populaire et de Sport (CREPS) proche du centre ville de Saint-Denis. Nous sommes bien loin de Mahajanga, notre ville.

Le séjour touristique et culturel a débuté par la visite de la bibliothèque départementale de Saint-Denis. C’est bien plus qu’une simple bibliothèque. Les ouvrages y sont restaurés et on peut y faire des recherches. Des documents anciens et précieux sont répertoriés. Le bâtiment est un chef d’œuvre de l’architecture coloniale.

Le même jour, nous avons visité l’Iconothèque et sommes restés un peu perplexe devant ce concept méconnu. C’est le lieu qu’ont choisi les médias locaux pour nous interviewer. C’est là aussi que nous avons dit au revoir à Monsieur Philippe DURAND, chef du projet MAPEF qui était venu avec nous pour nous « installer » dans notre séjour.

La visite du musée du sel le second jour nous a permis de commencer à emprunter des routes fabuleuses et de traverser des paysages très variés.

Le troisième jour, c’est le musée de VILLELE qui a retenu toute notre attention. Nous avons été très touchés par l’histoire de l’esclavage à laquelle Madagascar est très liée. Nous sommes sortis de cette visite avec des sentiments mêlés, confus, voire contradictoires. Un fort sentiment d’injustice nous habitait, de fureur même mais aussi de la fierté, de l’espoir et de la responsabilité. Nous en avons pas beaucoup parlé entre nous, peut-être parce que ce que nous avons appris ce jour-là nous a marqué.

Nous avons pu nous changer les idées l’après-midi en nous promenant dans les allées du jardin botanique du Mascarin. C’était comme un voyage au milieu d’une nature reconstituée et jalousement gardée. Situé en hauteur, de ce vaste jardin nous avons découvert une vue magnifique sur la mer et la plage.

Le week-end, nous sommes allés voir le volcan du piton de la Fournaise. Pour se rendre sur le site, au bord du cratère, il faut descendre un escalier de plusieurs centaines de marches, traverser une morne plaine et monter le flanc d’une montagne au sommet de laquelle nous avons découvert le cratère. Le paysage lunaire nous a impressionnés. Au retour, la visite à la maison du volcan nous a permis d’apprendre pas mal de chose sur ce phénomène géologique.

La seconde semaine a débuté par notre visite au Conseil Général. Nous y avons été accueillis par sa présidente, Madame Nassimah DINDAR. Nous avons été séduits par la simplicité avec laquelle elle nous a parlé. Nous avons beaucoup appris sur le fonctionnement de cette « grosse machine » appelée « cg974 » par certains. Assis dans l’hémicycle, sous le regard bienveillant des présidents qui se sont succédés, certains d’entre-nous ont pensé à une nouvelle vocation…

La visite de l’Artothèque qui a suivi, nous a laissé perplexes. Certaines œuvres nous ont semblé bizarres. Certains d’entre nous ont eu le sentiment que n’importe quoi pouvait devenir art. On pourrait dire comme Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! »… et devient donc art.

C’est au musée Léon DIERX que nous avons compris : Paul et Virginie sont élevés en commun comme frère et sœur, dans la splendeur naturelle des paysages tropicaux. Lors de l’adolescence, des sentiments amoureux naissent entre les deux personnages. La tante de Madame de la Tour envoie des gardes chercher Virginie pour la ramener en France, sous prétexte qu’elle la fera hériter de sa fortune et de lui donner une meilleure éducation. Plusieurs années après, Virginie fait annoncer son retour sur l’île, mais le navire qui la ramène de France est pris dans une tempête et échoue sur les rochers sous les yeux de Paul. Celui-ci ne tarde pas à succomber à la douleur de la perte de sa bien-aimée.

Le programme de notre séjour comprenait aussi des moments plus inattendus qui ont été source de plaisir. A commencer par un moment d’une grande tendresse et de forte émotion qui nous a été offert par Monsieur Bernard RAKOTONDRAINY, professeur à l’école de musique municipale Loulou PITOU. Il nous a fait voyager dans la musique malgache, un fort instant de nostalgie pour nous tous. Nous le remercions du fond du cœur.

Nous sommes retournés le mardi 5 août aux archives départementales. Nous avons eu peur de revoir deux fois la même chose mais pas du tout. On nous a montré comment il fallait procéder pour restaurer puis conserver des ouvrages. On a pu voir au travail des employés passionnés par ce qu’ils font. Ils utilisent à la fois des machines modernes et des procédés plus anciens pour conserver le passé dans le présent.

Depuis plus d’une semaine à circuler sur l’île, nous avons vu des champs de canne à sucre un peu partout mais c’est à la sucrerie de BOIS-ROUGE que nous avons découvert ce qu’on en fait. Certains d’entre nous ont été fortement impressionnés par la taille de l’usine et l’ingéniosité du système. En partant du champ jusqu’à la sucrerie ou le verre de rhum, absolument rien ne se perd. Cela nous a fait penser au zébu malgache où chaque partie sert à quelque chose, bien au-delà de la seule nourriture.

Le Lazaret de la Grande Chaloupe nous a plongés une nouvelle fois dans l’histoire de l’esclavage. Nous étions déjà très sensibles sur cette question et très attentifs sur le sujet du peuplement de l’île de La Réunion intimement liée à l’Afrique en général et à la Grande Ile en particulier. Malgré quelques sentiments d’injustice résiduels, nous avons tout le long de notre séjour été captivés par le volet historique. L’un de nous a dit ceci : « Si je n’avais pas su l’origine et la date des photos et gravures vues ici, j’aurais pensé que j’avais reconnu des membres de ma famille. »

L’après-midi de la visite du Lazaret, une nouvelle surprise nous attendait. Nous avons fait du kayak sur une rivière artificielle appelée Stade d’Eaux Vives Intercommunal de Sainte-Suzanne. C’est là que nous avons pris le plus de photos. Nous avons vécu une expérience formidable. Nous tenons à en remercier Madame Veronique LAGOURGE, Présidente du Comité de Kayak.

Une ultime surprise nous attendait en fin de séjour. Nous ne nous attendions pas à visiter une station d’épuration ultra moderne. Un quizz aussi instructif qu’amusant nous a permis de comprendre le fonctionnement de la station d’épuration du Grand Prado. Très intressante et interactive, cette visite était à la fois studieuse et amusante. Nous remercions Madame TRAP et Monsieur CASTAGNET pour nous avoir permis de vivre cette expérience.

Une dernière visite venait clôturer notre inoubliable voyage. Celle du Muséum et du jardin d’Etat.
Nous avons eu le plaisir d’y retrouver l’un de nos deux Animateurs En Langue Française avec qui nous avons travaillé tout au long de l’année scolaire dans le cadre des activités du Club de Français de notre lycée. Il s’appelle Frédéric et il est très sympathique.

Fin de notre voyage que nous ne sommes pas prêts d’oublier !

ELINE, SARIKANIRINA AURELA, LEA FRANCINE, CLAIRE BRIGITTE, ODIL, RIVOLALA ERICO, JULIOS, AUGUSTIN, BERTO, PIERRE, TSARADIA JEAN AURELIUS et SOLOFANDRESENA JUSTIN
Les accompagnateurs  : JEAN-JACQUES JONATANA RAZANAKOLONA et PATRICK RAKOTONDRAVONY